Archive pour la catégorie ‘histoire d’amour de la semaine’

Amandine est amoureuse du Prince Charles et de son maître

juillet 20, 2010

Amandine, en mini robe noire achetée à la Braderie de la Mode, se plaint de la peau toute irritée au-dessus de sa lèvre supérieure: « Je reviens de me faire épiler à la cire, d’habitude mon esthéticienne enlève mes poils avec du chocolat, c’est moins sensible, là j’ai super mal, je devais me faire épiler les jambes aussi mais je suis partie. » Je regarde ses jambes, je n’avais pas remarqué mais elle a longs poils noirs. Je lui dis que ça ne paraît pas du tout, et nous nous dirigeons vers le restaurant Aux Folies. Nous croisons un militant de Greenpeace, je le traite d’extrémiste parce que les seuls membres de Greenpeace que je connaisse sont une lesbienne qui m’a attaquée dans son lit après que j’aie répété une pièce de théâtre avec elle, et un fétichiste de machines à laver.

Nous changeons trois fois de place au restaurant, nous retrouvant finalement au centre de la terrasse des Folies. Amandine me demande si l’écriture de mon prochain livre va bien, et si elle devrait offrir un massage ou un certificat cadeau chez Toys  »R » Us à une copine qui accouche dans un mois. Je commande une omelette florentine, et Amandine demande à la serveuse s’il y a quoi ce soit dans le menu sans gluten. La serveuse lui dit que les assiettes de fruits sont sans gluten. Amandine se tourne vers moi et me dit que l’ananas est son fruit préféré parce qu’il brûle les mauvais gras. Elle commande anyway des œufs bénédictines au fromage suisse et asperges.

Amandine m’apprend qu’elle a rencontré le futur père de ses enfants, il y a deux jours à peine : « Je ne suis pas allée chez Oblic, par sa faute, si mes cheveux sont horribles, c’est à cause de lui. J’ai préféré prendre un café avec lui plutôt que de me rendre à mon rendez-vous chez le coiffeur. » Je mords dans un morceau d’orange, aspergeant la fille tatouée tout proche de zeste. Je m’excuse piteusement, je ne réussis jamais à bien manger des fruits juteux en public. Amandine continue : « J’étais sur la rue Saint-Laurent, et un mec m’arrête. Il me demande si j’ai du feu. Je lui réponds juste que je ne fume pas et il me dit que lui non plus, il ne fume pas, et il pointe derrière lui, il dit c’est pour lui que je demandais ça. Et je regarde et c’est son chien, et je trouve ça mignon, de prendre son chien comme excuse pour approcher quelqu’un. Il était super beau son chien, tout gris et digne, un Weimaraner, je crois, c’est un chien de chasse allemand ou en tout cas. »

Je pousse un cri : « J’adore les Weimaraner! » Amandine prend une bouchée de mon omelette florentine, elle avale, et elle me raconte que le mec l’a ensuite invitée à prendre un café chez Juliette et Chocolat. Ils sont restés ensemble trois heures, pendant que Prince Charles, le chien, buvait à même un verre d’eau. Je suis toute joyeuse pour Amandine, qui, après une aventure avec un menteur qui l’a trompée avec une fille qu’il disait être sa sœur, a de nouveau les yeux brillants et la volonté de faire du yoga cinq fois par semaine pour avoir le corps parfait pour n’importe quelle position sexuelle.

Amandine me rappelle toutefois, presque tristement, qu’elle s’en va bientôt à Monaco, jusqu’en janvier, afin de réaliser un stage en journalisme international : « Je me suis trouvée une chambre, dans une villa, à moins d’un kilomètre de la plage. La voyante que je consulte m’a dit que c’était la bonne décision, et je sais que je vais adorer, mais je trouve ça dommage, de rencontrer un mec vraiment trop sympa, et de devoir le quitter, comme ça, je connais même pas sa couleur préférée, ni genre s’il se commande du Amir quand il est trop saoul, je sais rien, sauf qu’il aime son chien, qu’il est allergique au beurre d’arachide, et qu’il aime le volleyball. »

Vice de procédure tentant

octobre 26, 2008

lecture : Cormack Mc Carthy, La Route

musique : Chinatown, Secousses

en manque : oui

 

J’aime beaucoup ma famille, j’ai une maman parfaite, qui court ses 10 kilomètres par jour et qui cuisine des petits plats pour mes frères qui étudient à l’extérieur du monde repentignois, un papa parfait, qui invite à tour de rôle ses enfants pour des parties de hockey et qui ne s’offusque pas quand maman parfaite rit de son amour pour Joe Dassin, et des frères trop cools pour être parfaits, que je ne vois pas assez souvent.

 

L’autre soir, après un début d’après-midi passé chez Élise et Jean-Pascal, et leur merveille de quelques mois, après une sieste de deux heures car ultra fatiguée, une sieste toute nue dans des draps frais, après m’être habillée plus chic que ce matin (j’étais trop ultra fatiguée le matin et j’avais osé me trouver cute avec une robe à motifs roses et gris et des bas collants rouges), j’ai vu Marky Mark pour la première fois depuis le mois de juillet. Il avait commencé sa session à l’université, il était super heureux, nous sommes allés au dépanneur pour faire une provision de pots de crème glacée. Nous avons vu le plus parfait des bulldogs, mon frère l’a niaisé en lui criant qu’il était bas sur pattes et là le chien nous a fait un grand sourire en frétillant sa queue, c’était très excitant.

 

À la maison, pendant que Alexandre Le Grand regardait les images de l’actrice porno qui jouerait Sarah Paulin dans un film politico-sexy-bouffe-la-chatte-à-Hillary, mon frère m’a raconté comme il avait rencontré Marilyn, sa copine maîtresse d’un pug indomptable (il a chié sur l’édredon d’une de ses colocs et manger le nez d’un toutou géant à son autre coloc, toutou géant reçu comme cadeau à la Saint-Valentin) et future avocate décidée à faire régner la justice dans des pays dangereux (Colombie baby).

 

Soûl dans un party (Marky Mark a tous les vices possibles), un de ses amis lui a dit qu’il avait besoin d’un lift pour repartir à Sherbrooke le lendemain. Marky Mark lui a dit qu’il n’avait pas problèmes. Pendant la soirée, une fille super cute lui a dit que sa soeur étudiait aussi à Sherbrooke et qu’elle avait eu un accident d’auto, elle avait trop peur de conduire toute seule, elle voulait savoir si Marky Mark pouvait lui faire un lift également. Mon frère lui a demandé son nom, il a compris « Caroline », et il était tout de suite très heureux. Caroline, c’est la super salope qui étudie en droit, elle a l’air dans les vapes tout le temps et elle a des seins de poupée gonflable, une bouche de Barbie et des cheveux de Playmate. La classe, genre si je la rencontrais, ce serait mon modèle absolu (présentement, mon modèle absolu est Gina, la soeur de Joey, dans la série Joey, jouée par Drea de Matteo, elle s’habille super vulgaire, super moulant, toujours, et zébres, et léopards, et ongles d’un kilomètres).

 

Le lendemain matin, il téléphone à la Caroline, mais au bout de la ligne, la fille dit quoi, c’est Marilyn, par Caroline. Mais mon frère reste chaud, la voix de la fille il la trouve belle. Pendant le trajet de Repentigny à Sherbrooke, ils parlent de plein de trucs, Marky Mark se demande si le mec qu’il a vu brièvement avec elle, avant leur départ, est son chum, mais elle lui dit qu’elle est célibataire, qu’elle a cassé il n’y a pas très longtemps avec le gars en question. Comme les avocats sont tous des bêtes de sexe (Marissa a un client qui lui a confirmé ça, sous pression les avocats deviennent addict au sexe spectaculaire, Marissa a un avocat qui aime la voir pisser, un avocat qui aime qu’elle lui morde très fort les têtons, un avocat qui sniffe de la coke sur la queue d’autres mecs) et des bêtes sociales, il y a toujours un party officiel ou non pour les étudiants en droit, et Marky Mark a proposé à Marilyn de l’accompagner au prochain.

 

Au party, il boit trop, il sait pas ses limites, c’est un Nelson comme moi, et il se sauve avec la belle Marilyn, décidant de jouer au vilain garnement de dix ans, à sonner aux portes des maisons toute proches et à courir au plus vite après trois-quatre-cinq sonneries gossantes (jeu très poétiquement nommé sonne-décrisse). Marilyn, au lieu de le traiter de fou, court super vite et rigole. Marky Mark ne se souvient plus trop des événements après, mais il a piqué le balai d’un concierge et le lendemain, sa coloc et les voisins l’ont engueulé parce qu’il a trop fait cogner son lit contre le mur de sa chambre.

 

Je trouve ça trop chou. Je leur souhaite beaucoup de plaisir ensemble, avec balai ou sans balai, pas de pug coquin entre les jambes, et du vin d’épicerie à partager bientôt avec eux et Alexandre Le Grand.