Archive pour la catégorie ‘Alexandre La Graine’

Circoncision et macarons

août 25, 2011

Lecture : Ake Edwardson, Ce Doux Pays, et un article sur un mec analphabète qui s’est fait amputer le pénis

Déception : Oubli répété de fêter l’anniversaire de mes implants mammaires

Dans le nouvel appartement de Colin et Laura, j’admire les grands murs blancs, la décoration zen, la peinture sur toile qu’ils ont achetée suite à l’ascension du Kilimandjaro. Je pointe deux tirelires. Laura m’explique que le porcelet gris est à elle : « Colin doit y mettre un dollar quand il pète. » Elle secoue la tirelire : « Et ça arrive souvent. »

Nous nous installons sur le tapis du salon. Laura me prépare un breuvage à base de jus d’agrumes, et elle tend à Alexandre Le Grand et à Colin des verres de rosé : « J’y ai ajouté du sirop de pamplemousses. Je reviens d’un voyage en France et tout le monde buvait ça. » Je regarde jalousement Alexandre Le Grand et je trinque avec les autres.

Après un verre, Laura, toute mince, est déjà pompette et nous dit qu’elle n’aime pas les queues non circoncises. Elle dit que ça pue. Elle se retourne vers moi : « Tu ne trouves pas? » Moi j’ai zéro opinion sur le sujet, je trouve juste très belle la queue non circoncise d’Alexandre Le Grand, et je ne trouve pas qu’elle pue non plus, sauf si nous avons baisé trois fois de suite et qu’il me la fout pleine de ma mouille dans ma face. Colin se lève et revient avec une bouteille de Vagisil : « Voilà ce qu’elle m’oblige à mettre sur ma quéquette avant de me sucer! »

Nous passons à table. Laura parle du mot carotte en dialecte occitan, et de l’expression va traire les vaches en roumain. Nous mangeons une salade niçoise succulente, et de la bavette qu’Alexandre Le Grand et Colin ont admiré pendant plusieurs minutes sur le BBQ. Je prends une gorgée de vin rouge. Je regarde la pluie qui tombe, j’ai envie d’aller sur la terrasse, avec Laura et son t-shirt blanc, et de regarder la ville, au dixième étage de leur immeuble, et de respirer, de tout sentir, et de me trouver chanceuse d’être là, avec des copains qui me font trop rigoler, un amoureux qui me dit que tout va bien puisque nous sommes ensemble, et des macarons aux bleuets qui attendent sur le comptoir.

Piscine, paillettes et baise dans les toilettes

août 11, 2011

Exhibition et envie féline

Je me change dans le sous-sol de Sam, enfilant mon bikini, avant de m’apercevoir que je suis direct devant une fenêtre et que probablement une dizaine de personnes dehors ont vu mes gros seins pesants. Je dis à Alexandre Le Grand d’aller un peu plus loin et je lui touche la queue avant qu’il ne mette son maillot. J’aperçois une litière : « Oh il y a un chat ici! N’allons pas nous baigner tout de suite! Cherchons le chat! » Alexandre Le Grand me regarde en hésitant entre me trouver adorable ou me trouver crissement folle : « Nope. Je vais plutôt chercher Sam pour le remercier de nous avoir invités, et je mets les bières et ton Powerade aux kiwis au frais. »

Tramp stamp, beautés bronzées et shooters au jello

Je sors à l’extérieur et je regarde tout le monde. Je n’ai jamais été à un party avec autant de mecs qui semblent sortir de Jersey Shore, et autant de filles aussi belles, se déhanchant sur de la musique trop boom boom, un tramp stamp dans le dos, un sourire aux lèvres, le même verre en plastique dans une main depuis une heure, et peut-être de l’extasy dans le ventre. Carolanne, une barmaid très sweet remarque Alexandre Le Grand, puis se précipite sur moi, pour me présenter ses copines. Elle est total bien entourée : une blonde au maillot blanc à paillettes, une aux abdos irréels, une aux bouclettes folles et au sourire parfait et une autre qui me parle de discipline parentale jusqu’à ce que je saute dans l’eau so chaude.

Un mec un peu timide me dit qu’il se sent comme dans une fête organisée par le capitaine de l’équipe de foot d’une école secondaire. J’en entends un autre dire à toutes les filles qu’elles sont gorgeous. Il a un regard de prédateur sexuel en manque. Je nage jusqu’à Alexandre Le Grand, qui s’amuse à faire des plongeons : « Si je continue à les faire comme ça, le manque d’oxygène va me rendre plus saoul que les bières. » Une fille passe et nous offre des shooters au jello et à la vodka. Je secoue la tête, et je dis à mon mec d’en prendre deux, à ma santé.

Fétichiste en manque et baise frissonnante

Quand il commence à faire nuit, je sors de la piscine, je mange des Cheetos, et je m’assois près d’un feu. Un mec vient me rejoindre : « Est-ce que je peux te masser les pieds? » Je lui réponds que non. Il insiste. Je lui dis : « Je n’aime pas les massages. » Je comprends ensuite qu’il est un crisse de fétichiste de pieds, quand il me dit : « Je peux les toucher alors? Juste deux secondes? Pourquoi je ne peux pas le faire. » Je soupire, je cherche Alexandre Le Grand des yeux : « Parce que c’est mes pieds, merde. » Le mec me fait des yeux de chiot triste et affamé : « Juste deux secondes? Sinon nous ne pouvons pas être amis et je vais partir loin de toi. » Je rigole : « Tu peux partir loin de moi. » Le mec s’éloigne, se retourne vers moi, puis continue son chemin. Il croise Alexandre Le Grand, lui parle un peu, puis lui caresse le crâne. Alexandre Le Grand s’approche de moi, et me confie que le mec vient de lui dire qu’il est son Guide devant l’Éternel et qu’il lui a offert de bouffer des champignons magiques. Je lui dis que j’ai froid et que j’aimerais me changer, il dit que lui aussi ne retournera pas plonger, même si deux filles se baladent à moitié nue dans la piscine, sur un matelas gonflable en forme de dragon écrasé.

Nous allons dans la salle de bain, mes gestes sont lents, je laisse mon bikini sur la laveuse, et je fais pipi devant Alexandre Le Grand. J’ouvre la bouche pour qu’il me donne sa queue, je le suce quelques secondes, avant de m’essuyer la chatte et d’entendre quelqu’un cogner à la porte. Alexandre Le Grand gueule : « Dérangez-nous pas. On baise. Mais ce sera rapide. » Il commence à boutonner sa chemisette. Je l’arrête : « No way, on baise pour vrai, j’ai envie de toi depuis le début de la journée, à t’embrasser sous l’eau sans même te caresser la queue. » Il m’attire vers lui et me tire les cheveux : « Cochonne! » Je me retourne, je m’appuie contre la laveuse, et je l’invite à me pénétrer, comme ça, le corps frissonnant, attendant de le sentir venir contre moi, contre mes fesses, sa queue cherchant un trou à remplir.

Se faire passer pour un amant impatient

août 11, 2011

Je traverse la rue, et je vois Alexandre Le Grand à la terrasse du Houston. Je vais le rejoindre, sentant bon le parfum Marc Jacobs et le baume à lèvres au chocolat, dans une robe que ma maman m’a donnée il y a deux ans, suite à un voyage en France. Sadek me laisse sa place, se prend une autre chaise, plus loin, et Rachelle me commande du Perrier. Roy me caresse le ventre et demande à Alexandre Le Grand s’il est bien certain d’être le papa. Alexandre Le Grand répond que si le bébé est aussi bronzé que Roy, il se posera des questions.

Roy se lève pour aller voir un mec qu’il connaît, laissant son téléphone sur la table. Alexandre Le Grand s’en empare, lit les messages que Roy et une femme s’envoient entre deux gorgées de bière, et ajoute un message total vulgaire à l’intention de la femme, qui est probablement une maîtresse de Roy : « U bitch better wash u r ass I m on the way. » Il m’embrasse et me chuchote à l’oreille : « Je l’envoie ou non? »

Pouvoir et virilité alcoolisés

juillet 25, 2011

Chaque année, depuis trois ans, mes frères, Alexandre Le Grand et moi organisons un méga party au chalet.  Mon mec et sa fille aînée cuisinent pendant toute une journée quelques plats : ceviche aux pétoncles, crevettes marinées, terrine de porc, et grosses saucisses à pénétrer du pain baguette. Je regarde les plats, et je regarde les caisses de bières qui s’accumulent, et je me demande si je vais faire une crise en étant obliger de me contenter de thé glacé sans sucre et d’eau Perrier.

Quarante personnes fêtent sur la terrasse, dansent sur le quai, fument des joints sur le balcon et laissent tomber leurs cigarettes dans les arbustes. J’entends un mec parler d’un nouveau collègue, avec qui il lunche tous les midis: « Et là il me dit d’arrêter de lui parler des cyclistes du Tour de France, parce qu’il sait tout sur eux et que si je me risque à le défier avec une question, il me vient dans le visage. Là je lui dis qu’il ne doit plus jamais utiliser le mot venir, sperme, et mon visage, dans la même phrase. Il me demande pourquoi. Je lui dis que ça fait trop gai. Et il m’annonce qu’il est gai. »

Trois mecs parlent à une blondinette, vêtue d’une robe légèrement défraîchie Joshua Perets. D’autres installent déjà leurs tentes, pour y dormir plus tard. Ma copine Betty sirote un verre de rosé pendant une heure, me racontant ses aventures avec une femme qui fait d’excellentes tartes à la rhubarbe et des too much bons cunnilingus. Vers vingt-deux heures, ma copine m’embrasse, me disant qu’elle doit retourner chez elle, car elle doit se lever tôt pour un shooting photos le lendemain. J’en profite pour aller m’étendre un peu au lit, souhaitant me reposer, me limer les ongles, et me caresser le ventre.

Dix minutes plus tard, mon cellulaire sonne. Betty est paniquée : « Je suis dans un fossé. Je me suis trompée de chemin et en voulant reculer, je suis tombée. J’ai réussi à sortir de mon auto, mais elle est très instable. » Je vais chercher Alexandre Le Grand et nous allons rejoindre Betty. Elle est dans un chemin privé, presque direct dans la forêt, en mini short blanc. Je la prends dans mes bras : « As-tu entendu? J’ai l’impression qu’un loup ou un chasseur fou pourrait arriver d’un moment à l’autre. Nous sommes dans un film d’horreur. » Alexandre Le Grand ne peut rien faire, sauf nous assurer qu’il n’y pas de chasseur fou ici. Nous appelons une dépanneuse, puis Betty nous raccompagne au chalet, pour boire une tisane calmante à la camomille, écouter un épisode de Modern Family, et dormir dans le lit d’un de mes frères.

À une heure du matin, je me glisse sur le balcon. Alexandre Le Grand m’accueille en ouvrant ses bras. Il a les yeux tout rouges et il me montre fièrement une sucette à la tequila qu’il veut sucer : « Tu vois, il y a un gusano emprisonné dedans. Ce ver-là donne pouvoir et virilité. » Il répète très fort : « Pouvoir et virilité! » Trois-quatre-cinq autres fêtards l’imitent. Je glousse comme une poulette, et je danse avec Alexandre Le Grand, avant de lui dire que je trouve que la musique est nulle : « Tu veux pas aller faire un tour de pédalo avec moi? On pourrait s’arrêter sur l’île, imiter le cri des huards, baiser dans les hautes herbes? » Il fait juste me regarder avec ses yeux tout rouges : « Pouvoir et virilité! » Je l’embrasse : « Bonne nuit chéri. »

Dinosaures sans pénis, rosé et Marie-Antoinette

juillet 25, 2011

Je ne suis allée qu’une fois au Madrid, il y a un peu plus d’un an, après une chicane avec Alexandre Le Grand, nous avions décidé de nous y réconcilier. J’avais amené mon costume sexy de Marie-Antoinette, et lui deux-trois-quatre bouteilles de rosé. Aux toilettes, il y avait une pensée encadrée « Un rêve est un vœu venant du cœur. », et dans notre chambre, une photo de chats posant devant des pommes et des cerises. Nous avions mangé de la poutine aux petits pois, baisé, pleuré, crié que tout avait changé, puis que tout était pareil, puis que nous nous aimions, il m’avait réappris à jouer au billard, il s’était enfoncé dans tous mes trous et j’avais trouvé ça navrant qu’aucun dinosaure n’ait de pénis.

Pour en savoir plus sur la fin du Madrid : http://urbania.ca/blog/2304/hasta-la-vista-madrid

Cocon

juin 27, 2011

Mon mec peut me dire des trucs vraiment pas romantiques. Genre que je lui dis, rêveuse, « On est dans un cocon. », alors qu’il me pénètre, sous les draps. Lui, en me caressant les cuisses, me répond : « Non, moi je suis dans ton vagin. »

Mais ce matin, quand il se réveille, il me demande de me blottir contre lui, quelques minutes, avant de prendre sa douche, il m’embrasse le front, et il me dit doucement : « Comme on est bien ici. »

Quand je me touche, mon mec pense au Grand Prix Formule 1

juin 22, 2011

Mon mec se met à genoux devant moi, sur le lit, et je commence à le sucer, avant de retirer un de mes longs cheveux noirs sur son gland.  Je crache sur sa queue et je me retourne, pour lui montrer mon cul. Il me prend en petit lapin, se désole que le miroir dans notre chambre soit placé trop haut pour me voir gémir la tête dans un oreiller, s’enfonce, et jouit. Je fais des bruits de madame de 103 ans pour bien me coucher sur le dos – pas sexy niveau sonore, la grossesse.

Il m’embrasse et me dit de me faire jouir, pour mieux dormir après. Je passe une main sous mon oreiller, je trouve mon vibro framboise, et je regarde mon mec, tout fatigué de ses mille heures de travail par jour, et je le trouve beau. Je commence à me toucher, mais je trouve que le vibro va trop lentement. Je l’ouvre, pour changer l’emplacement des piles, et mon mec en profite pour rouvrir les yeux et se la jouer animateur radio lors du Grand Prix : « Alors c’est un arrêt aux puits pour Mélodie. Le terrain était-il trop glissant? Trop de foutre entrave la route. Faut retirer ҫa pour que la course reprenne. » Je rigole : « Arrête, arrête! » Il cherche mon corps avec ses mains : « Et voilà les techniciens qui arrivent. Est-ce que le vibro de Mélodie saura reprendre la route? » Il me chatouille, me caresse les lèvres, referme les yeux, une main sur un de mes seins.

En amour avec un orignal et des gommes Bazooka

juin 14, 2011

Je prends un café avec mon mec, après son travail. Il reçoit un appel de son copain Sadek. Il me demande si je veux souper avec Sadek, et je dis « Oui, mais je dois aller me changer, je suis gelée et tu auras le temps de me prendre contre le comptoir de la cuisine si nous partons maintenant. »

Nous rejoignons Sadek au Philémon. Je porte une culotte pour pas que le foutre d’Alexandre Le Grand coule sur mes cuisses. Nous buvons rapidement un drink. Sadek dit qu’il a trop faim. Je me remets du rouge sur les lèvres et nous marchons sur la rue Saint-Paul, en regardant les menus des restaurants. Nous entrons dans un restaurant français, mon mec bouffe une olive avant de déclarer que le menu est trop pourri. Sadek se met quasi à genoux pour implorer Dieu qu’il reste de la place chez Holder. Il cruise deux filles qui viennent tout juste d’obtenir une table, elles nous invitent à nous asseoir avec elles. Je mange du ravioli au homard et nous partageons des desserts. Nous parlons des romans de Caryl Ferey, de l’Afrique et du Grand Prix. Sadek nous confie que présentement il a plus de plaisir avec sa main gauche qu’avec sa copine.

Nous sortons. Alexandre Le Grand me pince les seins en espérant que du colostrum tache ma robe American Apparel. En taxi, nous nous rendons à l’Espace Griffintown, pour un party Puma. Mon frère Philippe nous y accueille, avec des filles enjouées et en mini mini short. Alexandre Le Grand et Sadek s’enfilent des shooters aux fruits et à la tequila. Je bois de l’eau vitaminée, et je me fais une réserve de gommes Bazooka au bar à bonbons. Nous regardons les filles trop belles, les mecs à grosses lunettes noires et à t-shirt Free Ass, en jouant des parties de babyfoot et de hockey sur table. Je gagne une partie de hockey sur table, parce qu’Alexandre Le Grand compte trois fois dans son propre filet.

Sur le dancefloor, a écouter We Are Wolves, Sadek se sent comme lorsqu’il était étudiant a l’Université Laval, a faire la fête entoure de petits culs à croquer. Mon frère Gabriel arrive avec trois copains, déjà sérieusement saouls. Ils me touchent le ventre sans oser me toucher les boules, merci guys. Alexandre Le Grand tente de piquer une tuque Puma, mais Philippe la lui retire. Alexandre Le Grand caresse mes cuisses et m’invite à le suivre à l’appartement : « J’ai faim. Je veux une poutine au bacon et écouter des émissions connes à Canal Vie. »

Saké, Thaïlande et robes de bal

mai 16, 2011

Pas de petite culotte sous ma robe à licou

Des filles parlent des boutons qu’elles ont sous les seins à cause de la chaleur. Des touristes se demandent s’ils ont envie de manger belge ou asiatique. Une fille dit qu’elle veut boire jusqu’à oublier sa bouche charcutée par un chirurgien. Je relève un peu ma robe à licou, découvrant mes ballerines beiges, et j’entre au Philémon, en pensant que je me bourrerais bien de sushis et de saké, moi.

Je cherche Alexandre Le Grand. Je me faufile entre des robes sombres et des escarpins et des verres tenus par des doigts bagués de turquoise. J’entends Alexandre Le Grand qui m’appelle. Je lève la tête, je lui souris, et près de lui, à son oreille, je murmure que je ne porte pas de petite culotte sous ma robe. Il en profite pour répéter à voix haute mes propos. Je rougis, et je me présente à un de ses collègues, Mikolaj, récemment arrivé au Québec. J’embrasse aussi Sadek, et je lui souhaite un joyeux anniversaire d’avance. Il me dit que ses filles lui ont promis de faire le souper le lendemain et que même s’il les trouve gentilles, il craint de devoir commander de la pizza après. Je rigole et je lui dis que j’ai déjà raté un souper d’anniversaire parce que je n’avais pas vérifié si j’avais tous les plats et ingrédients nécessaires, et que finalement j’avais demandé piteusement à Alexandre Le Grand de commander de la pizza aussi.

La beauté des filles qui peuvent se permettre des souliers à talons hauts

Je m’asseois sur un canapé en cuir foncé. Alexandre Le Grand m’offre un Virgin Bloody Ceasar. Je regarde les cinq-six filles près de nous, elles sont jolies. Alexandre Le Grand suit mon regard, il me dit que c’est moi la plus belle, et je hausse les épaules. Des plumes oranges aux oreilles, ma longue robe satinée, mes tétons durs, et ma peau légèrement doré, je me trouve belle aussi, mais ce n’est pas pareil, je ne pourrai pas passer l’été en short, à montrer fièrement mon petit cul, parce que je n’aurai pas un petit cul cet été, et pas de sandales à talons de quatre pouces pour arquer mes jambes de nymphette. J’embrasse Alexandre Le Grand : « Si je pars avant toi ce soir, tu peux cruiser comme tu veux, et regarder comme tu veux aussi, tant que tu me répète que c’est vraiment moi, quand tu reviendras à l’appartement, c’est vraiment moi la plus belle. »

Sadek s’assoit à mes côtés. Il touche mon bras, passe la main sur ma joue : « C’est toi la plus belle. Qu’est-ce que tu fais avec mon meilleur ami ? » Je le pousse en rigolant, et Alexandre Le Grand vient s’asseoir entre nous. Il termine sa bière, et quand il se relève, pour parler à un autre copain, Mikolaj prend sa place. Il me parle de sa femme qu’il voit peu, car elle travaille de nuit, de sa cousine qui habite en Thaïlande, de son envie d’avoir un enfant mais de sa crainte de ne plus avoir la liberté de partir en weekend à Boston sur un coup de tête. Nous parlons de nos films préférés et je lui demande s’il a vu un film trop dramatiquement drôle, Killer Condom. Il secoue la tête, me dit qu’il tentera de le trouver à la Boîte Noire.

Bière sans alcool et fellation

Je commande une bière sans alcool, et je vérifie deux-trois fois si elle est vraiment sans alcool, parce qu’à chaque fois que j’en bois, j’ai l’impression que je me saoule anyway. Alexandre Le Grand revient avec une fille aux joues roses à son bras, vêtue d’une robe de Valérie Duhaime qui lui va too much bien. Elle joue avec un bracelet en argent en nous parlant, puis en voulant s’asseoir, elle tombe sur les genoux de Sadek. Elle se retourne vers lui, il tend les bras, la prend contre lui, refuse qu’elle s’asseoit différemment. Elle dit : « Je pensais que tu étais gai. »

Enfoncée dans le canapé, je continue à regarder autour de moi, ça serait mentir que de dire que je n’ai plus envie de sushis ou de saké, mais je me sens bien, tout le monde est beau, le serveur est craquant, et je suis près de gens que je peux écouter ou non, et à qui je peux dire que je vais gravement sucer mon mec plus tard, ou que je ne comprends pas pourquoi ce n’est pas une activité parfaitement respectable que d’essayer des robes de bal sur la rue St-Hubert, à vingt-six ans, pendant toute une journée.

Parce que nous sommes chanceux

mai 2, 2011

 

Je ne sais pas ce que ça voulait dire, je ne sais pas si c’était pour nous montrer que nous serions toujours des gamins, la peur au ventre, l’envie de fuir tout en sachant que nous nous ne pouvions pas courir plus loin que dans les bras de l’autre, les oreillers blancs sur la tête, comme des masques, comme des menaces, je ne peux plus t’écouter, parfois, tu ne peux plus m’écouter, parfois.

Je ne sais pas si c’était pour nous montrer que nous serions toujours des kamikazes dans l’amour, des bêtes qui se griffent le dos avant de se mettre à genoux, pour se dire je t’aime.

Tu étais si beau, ta main sur la mienne, ma main sur ta cuisse, je ne sais pas si tu avais envie de pleurer, comme moi, en regardant Louise Lecavalier et Patrick Lamothe, ni si tu sais comme je veux te remercier de préférer les spectacles de danse aux spectacles d’humour, et de me trouver belle, plus grosse et pleine de toi, de nous, chaque jour.

L’an dernier j’étais laide, même lorsque je sautais sur le lit d’un hôtel, en écoutant Ciara, en te regardant terminer une Corona light, j’étais laide, même les ongles parfaitement vernis et la peau légèrement hâlée, je te rejoignais à ton travail, je m’arrêtais avant au salon de bronzage, je gardais les yeux fermés, chaude, et je me demandais si tu me pardonnerais.

En quittant l’Usine C, nous avons marché dans les ruelles, je cherchais un chat à caresser, et  je voulais m’acheter de la crème glacée aux pacanes, mais surtout je voulais bien croire que j’étais capable de danser, et j’ai repris ta main, j’étais contre toi, sur la pointe des pieds parce que je ne porte plus que rarement des souliers à talons hauts, et tu m’as embrassée, doucement, nos bouches à peine entrouvertes, et je sais que toi aussi, à ce moment-là, tu disais pareil comme moi, nous sommes chanceux d’avoir l’autre, et nous sommes allés trop loin pour nous perdre, je me le ferai tatouer, dans quelques mois.


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