Une matinée dans une cuisine jaune bouton de marguerite

Marissa me prend dans ses bras dès que je rentre chez elle : « Ça sent le brûlé, mais j’ai rien brûlé du tout, ça doit être des miettes dans le grille-pain ou je sais pas. » Je l’embrasse et je crie : « Tu as trop de beaux bracelets ! Katy Perry en a des pareils ! » Marissa les regarde. Elle fait de la musique en entrechoquant ses bracelets à têtes de mort signés Alexander McQueen. Elle me dit qu’elle est tombée en amour avec en les voyant sur un site web.

Elle me prend la main et m’entraîne dans sa cuisine fraîchement peinturée en jaune bouton de marguerite. J’entends la musique à faible volume de Marina And The Diamonds. Je m’asseois à sa table. Nous placotons sur un cours qu’elle suit en étudiante libre, sur le cinéma japonais contemporain. Elle me dit qu’elle voudrait se faire un des mecs dans son cours: « Il est vraiment cute, il met des jeans qui montrent un peu ses caleçons, et il porte de caleçons roses, moi je craque pour les mecs qui portent des caleçons roses. Mais il est toujours assis à côté d’une fille que j’aime pas. Le connard. Je comprends pas les mecs qui se tiennent avec des filles qui portent des bas de pyjamas pour aller à l’école. »

Marissa me sert des œufs bénédictines avec des asperges croustillantes. Elle est toute fière : « C’est la première fois que j’en cuisine ! » J’adore trop, je pourrais en manger tous les jours. Elle nous prépare des mimosas, presque en dansant, elle a l’air toute légère, plus heureuse que les dernières fois ou je l’ai vue, à faire la moue dans des cabines d’essayage et à croire que la terre entière était contre elle parce que son horoscope était pas aussi bien que le mien. Je lui demande si ses voisins se promènent nus dans leur appartement ou si elle a trouvé la couleur de vernis parfaite pour ses ongles d’orteils ou si elle s’est crossée vingt fois avant que je n’arrive.

En avalant mon mimosa, elle pouffe de rire : « Oh non. J’ai juste tellement baisé hier. Et avec un seul mec. Il m’a prise pendant six heures. Il m’obligeait à jouir avant lui, et d’hab, c’est comme toi, ça m’énerve ce genre de trucs, mais là c’était bon, je me sentais comme une princesse. Mais j’ai vraiment mal aux jambes, d’avoir trop baisé, faudrait que je me couche sur le canapé. Tu permets ? Amène le bol de fruits, tu feras semblant d’être mon esclave et moi une méchante romaine perverse, et tu feras tomber dans ma bouche des fraises presque pourries. »

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2 Réponses to “Une matinée dans une cuisine jaune bouton de marguerite”

  1. George Of The Jungle Says:

    Quand j’ai rien à faire, moi j’mange!!

  2. modotcom Says:

    oh, trop belle Marissa qui a trop baisé. c’est beau la vie.

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